«Territoires partagés»

Après concertation entre les adolescents et le personnel soignant de lUTCA et de lUMPAJA, chaque toile fut envisagée comme un

«territoire commun», une zone de cohabitation, d'échange où les zones frontalières devaient se négocier, pouvaient être évolutives.

Seule trace figurative, le premier geste consistait en la projection de l'ombre d'un corps, d'une partie du corps ou d'un objet environnant. En suivant, la peinture est venue «habiller» la toile par ajouts de couches successifs à laide de pinceaux, de spatules, de mains, de pieds.

La toile, manipulable, fut le terrain d'expérimentations plastiques favorisant le mouvement du corps, la libération du geste.

Sur cette toile, le corps s'est donc inscrit en laissant la trace de ses gestes.

Alors qu'à l'origine chaque unité travaillait sur un territoire différent, il s'avéra plus intéressant de faire voyager cette toile d'une unité à l'autre.

Dans cette cohabitation mobile, un dialogue s'est établi entre les adolescents des différentes unités grâce à des mots laissés sur le support, qui donnaient ou non l'autorisation d'investir et modifier la création.

Pour les deux dernières toiles, le principe des projections d'ombres a été abandonné afin de favoriser l'expérimentation des médiums, des outils et de l'abstraction.